Fromagerie collective

Annonce de la réunion du 6 mars 2012 au Malzieu


Des fromages pour la Haute-Truyère et la Margeride


Réunion publique le mardi 6 Mars 2012, de 13 h 30 à 17h , salle communale du Malzieu.


Depuis quelques années des filières laitières de non-proximité se sont développées pour transformer et commercialiser le lait d'un bassin de production centré sur le nord de la Lozère. Tandis que sur place ce sont souvent des produits laitiers importés d'autres régions qui sont consommés, les grands acteurs de la production laitière de Languedoc-Roussillon et du Massif Central misent sur l'adaptation aux attentes des marchés français et européen pour maintenir les volumes.

Illustration terroir Haute-Truyère
Cette stratégie conduit à une certaine marginalisation des ateliers de transformation historiques et à un abandon de certaines recettes parmi les plus typiques. Parallèlement, les centres de décision s'éloignent et la capacité à décider collectivement de l'avenir du territoire s'étiole.
En Haute-Truyère et Margeride, l'heure est à la prise de conscience et à la construction d'une réplique organisée : quel est le projet du territoire et l'intelligence collective qui va avec pour répondre aux nouveaux enjeux agricoles, alimentaires et environnementaux ?


L'appel est lancé par la Confédération Paysanne et ses partenaires.

 

En téléchargement actuellement sur ce thème :

  • Le diaporama présenté par François Fuchs (Eval-Opti) lors de la réunion publique du 6 mars 2012,

  • La plaquette sur la conduite de projet de fromagerie collective.

 

 

Une SCOP pour la laiterie du Malzieu (Lozère) ?

Rédigé en janvier 2012 par Eval-Opti, en collaboration avec la Confédération Paysanne de Lozère et ses partenaires, suite à une mission réalisée grâce au soutien financier du Conseil Régional Languedoc-Roussillon (service Agriculture) sur la période avril – octobre 2011.


De manière générale, une économie de territoire se caractérise par
une moindre monétarisation des activités,
par une meilleure valorisation des ressources locales,
par un renforcement des liens entre les acteurs,
par une diminution des distances de transport,
et par la revivification des cultures, des langues, des coutumes et des savoir-faire locaux.

Dominique Viel

 Chef de la mission de contrôle Écologie et développement durable
au service du Contrôle général économique
et financier (ministères des finances),
administratrice de Sol et Civilisation



Résumé

Ce travail de pré-étude d'un projet de fromagerie collective implantée en Haute-Truyère intervient dans un contexte de recherche de raccourcissement des circuits agricoles et agro-alimentaires. Sans que cela puisse être chiffré de façon précise, le nord de la Lozère se trouve en situation d'exporter de plus en plus loin ses productions agricoles, notamment le lait, et d'importer ce dont elle a besoin, sans que le lien soit fait entre l'utilisation de ses surfaces agricoles (plus ou moins spécialisées) et la demande des bassins de vie les plus proches.
Une telle perspective de réappropriation de l'enjeu alimentaire apparaît d'autant plus indispensable que le territoire de Haute-Truyère (comprenant à l'Est une partie la Margeride et vers l'Ouest une partie de la vallée de la Truyère, territoire répartit sur trois départements et trois régions) est en voie de marginalisation. Si des regroupements de collectivités territoriales ont lieu à proximité et bénéficient de démarches fédératrices labellisées comme les Parcs Naturels et les Pays, les espaces à forte vocation agricole et touristique s'étendant de part et d'autre de la Truyère et qui nous intéressent ici en reste exclus. Eloigné des centres de décision cantaliens, aveyronnais et languedociens (voire midi-pyrénéens) dont dépendrait aujourd'hui son développement, le nord de la Lozère connaît une vraie difficulté à se projeter et à reprendre élan sur un imaginaire social partagé. En s'appuyant sur une analyse de ses principaux atouts et faiblesses et en regardant ce qui fait la durabilité du développement d'un territoire (en s'inspirant notamment de la Stratégie Nationale du Développement Durable), les acteurs de ce territoire "à définir" et à mettre (à nouveau) en en valeur pourront prendre conscience de la véritable richesse qui est entre leurs mains et qu'il ne faudrait pas dilapider. Ce défi renvoie à la garantie humaine dont chaque initiative doit pouvoir bénéficier, garantie qui trouvera aussi son origine dans la motivation et la formation d'hommes et de femmes renouant avec la délibération et la décision au service du territoire sur le long terme.

Mots-clés : Système Agro-alimentaire Localisé (SYAL), territorialisation de l'économie, durabilité, circuit-court, bilan carbone territorial, fromagerie collective, SCOP, coopération agricole.
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